THOMAS MICHAEL DISH

Ecrivain américain, né le 2 février 1940 à Des Moines et décédé le 4 juillet 2008 à New-York.

Le nom de Thomas Michael Dish demeura longtemps attaché au magazine britannique d'avant-garde "New Worlds". Il y fit paraître en 1967 "Camp de concentration", roman sur les liens entre l'intelligence, le pouvoir et la mort, où apparaissent plusieurs des thèmes que reprendra toute son œuvre : le camp ou la cage, symbole de toutes les persécutions totalitaires, la communication et ses pièges et les « futurs sans avenir ». Pourtant Dish n'est pas un pessimiste systématique : "Génocides" (1965), retournant la problématique habituelle des romans cataclysmiques, raconte la transformation de la Terre en un champ de semences venues d'ailleurs et offre le tableau d'une nature à la fois prodigue et impitoyable. Refus du spectaculaire et prédilection pour les « non-lieux » du drame qui rend celui-ci encore plus insoutenable sont deux procédés également sensibles dans ses nouvelles ("Casablanca", 1967 ; "L'homme qui n'avait aucune idée", 1978). "Sur les ailes du chant" (On Wings of Song, 1979), souvent comparé au 1984 de George Orwell, a fait de Dish l'un des meilleurs « ironistes » de la nouvelle littérature américaine.

On en voit de toutes les couleurs....

Dans les années 60, tandis qu'en Virginie les Noirs qui se battent pour leurs droits civiques se heurtent au Ku Klux Klan, une fillette blanche est kidnappée à Baltimore. La petite Alice Raleigh, onze ans et blonde comme les blés, héritière d'une immense fortune, est enlevée contre une rançon d'un million de dollars. Ses ravisseurs, s'ingéniant à la rendre invisible aux yeux des policiers et des agents fédéraux, trouvent le moyen de brunir sa peau, lui teignent les cheveux et la séquestrent dans une maison de passe tenue par une vieille Noire, quelque part près de Norfolk. Lentement, Alice s'adapte à ce surprenant cadre de vie, totalement nouveau pour elle. Puis elle découvre qui est l'instigateur de son enlèvement. Et les véritables changements commencent... « Avec John Sladek, Thomas Michael Dish a signé l'excellent roman policier Black Alice (1968). Le livre cite au début un petit passage d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll et… La petite Alice extrêmement intelligente mais encore ingénue a hérité seule de la fortune de son grand-père que gère un vieux juriste. Le père de l'enfant, après avoir tenté de rendre sa fille folle (qui pour survivre a deux personnalités en elle : Alice et Dinah) la fait kidnapper par un jeune Noir. Alice est séquestrée dans le bordel que son père fréquente assidûment, alors que les membres du Ku Klux Klan s'opposent à une manifestation pour la reconnaissance des droits civiques des Noirs. Les protagonistes dans le bordel : Bessy tenancière qui ne rêve que d’une tombe avec du marbre rose, Fay,,  très belle avec un Qi d’une enfant de 5 ans et Clara défigurée …. J’aime cet auteur qui ne s’égare pas dans des palabres inutiles et si vous aimez la fiction, lisez aussi Génocides (1965).

                     Alice Midal.

Black Alice, de John Michael Dish.               Ma note : 20/20.