NATALIE CARTER - NICOLAS D'ESTIENNE D'ORVES

Binôme familial (mère et fils) de romanciers français.

Natalie Carter est née en 1955 à New-York. Elle a fait ses études à la Boston Museum school of fine arts. En France, elle devient journaliste hippique. On la voit beaucoup sur les hippodromes ; c'est là que j'ai fait sa connaissance. Sa passion pour le cheval ne la limite pas aux commentaires. On la croise, en effet, sur les pistes d'entraînement, notamment à Chantilly, en qualité de jockette amateur. Puis, sa vie professionnelle prend une tout autre orientation : le cinéma. Scénariste, elle travaillera pour les plus grands réalisateurs : Alain Corneau, Paul Verhoeven et Brian de Palma, pour ne citer qu'eux. Elle participe également au tournage d'une série TV sur les courses de chevaux. Natalie Carter est aussi écrivaine. Elle a publié (seule) deux romans : "Grandes plumes" et "Valdingue". 

Né le 10 septembre 1974, Nicolas d'Estienne d'Orves est le fils de Natalie Carter. C'est aussi le petit neveu du grand résistant, Honoré d'Estienne d'Orves. Après un DEA en lettres modernes à la Sorbonne, il est devenu journaliste spécialisé dans la musique classique. A ce titre, il a collaboré au Figaro Magazine, au Figaro Littéraire et à Classica. On l'a souvent entendu sur France Musique, dans l'émission de Benoît Duteurtre qui présente, chaque année, le concert du nouvel an. Nicolas d'Estienne d'Orves se prévaut d'une énorme bibliographie (romans, essais, guides, etc.), en dépit de son jeune âge. On lui doit, entre autres, "Le dictionnaire amoureux de Paris". 

"Le silence et la fureur" (voir ci-contre) est son premier roman, écrit à quatre mains avec sa mère. 

Un King peut en cacher un autre....

Voici un thriller assez stupéfiant !

Première remarque : ce très beau roman ne devient thriller qu'après un certain nombre de pages. Le démarrage est lent, très lent (ce qui ne veut pas dire ennuyeux) et l'on se demande où les auteurs veulent en venir. Puis, telle une locomotive, l'intrigue se met doucement en route. Pour aboutir sur un final aussi essoufflant qu'inattendu. 

Deuxième remarque : ce n'est (sûrement) pas un hasard si le personnage principal (un pianiste virtuose qui ne peut plus jouer) s'appelle King. Il y a un peu - beaucoup - de Stephen King dans ce roman. Les personnages sont tous névrosés - pour ne pas dire déjantés - et c'est celui qui paraît le plus équilibré qui s'avère être le pire. La recette du bon polar réside aussi dans la surprise du lecteur. 

Troisième remarque : l'écriture à deux mains est une véritable réussite. C'est suffisamment rare pour être signalé. Le style métaphorique est de toute beauté. On voit que Natalie Carter a fait carrière dans le cinéma. Tout y est VISUEL. On ne tourne plus les pages, on est scotché à l'écran. Il faut dire que l'hiver canadien sur un lac perdu (c'est son nom) y est pour beaucoup. Un cadre à nourrir les plus grandes frayeurs... et l'on retrouve King l'écrivain, jamais très loin de King le pianiste. 

Conclusion : un superbe ouvrage qui aurait mérité un titre moins banal et plus accrocheur... ou mystérieux. 

"Le silence et la fureur" (XO), de Natalie carter et Nicolas d'Estienne d'Orves.                                                      Ma note : 19/20