Mon billet du jour

Emotions, impressions, réflexions... tout ce qui me passe par la tête, couché sur le papier. En l'occurrence... sur l'écran.

"Ici la lumière élabore ses plans

dans la tache du silence et la nuit

se met à parler aux portes. Voici le temps du corps,

le bois de l'ombre."

A. Ramos Rosa

          Paris, (future) ville olympique, médaille d'or de la saleté !

Vendredi 3 novembre : Parmi les capitales des pays économiquement forts, j'ai rarement vu une ville aussi sale que Paris. Et madame Hidalgo, fière d'accueillir les JO en 2024, veut montrer ce ramassis d'immondices aux peuples du monde ? L'écoeurement des touristes, qui visitent "sa" ville, ne lui suffit-il pas ? 

Certains arguent : Les services de la voirie ne font pas leur boulot. Ils sont tout le temps en grève, etc, etc. FAUX ! Les services de la voirie font ce qu'ils peuvent... mais il faudrait décupler leur nombre pour venir à bout de l'incivilité des hordes qui traversent la capitale. Car c'est de cela dont il s'agit. L'incivilité décomplexée de nos concitoyens. On a beau leur dire de garder leur ville propre, ils s'en foutent comme de leur premier mégot. 

Lorsque la raison est impuissante, reste la peur du gendarme. Chère madame le Maire, au lieu de taxer les automobilistes dont le ticket de stationnement à dépassé la limite horaire (vous êtes d'accord qu'ils ne gênent personne puisque leur véhicule est garé), pourquoi ne pas missionner vos brigades sur la chasse aux jeteurs de canettes et de papiers gras ? Cent euros par infraction... ça vous rapporterait un peu d'argent et surtout, ça rendrait votre ville propre (la peur du gendarme). Il vous suffirait alors de multiplier les poubelles, afin que l'on n'ait pas cent mètres à faire pour aller jeter une pelure, et le tour serait joué ! Il ne serait pas nécessaire de renforcer les services de voierie et le contribuable parisien y trouverait son compte. 

Ah, mais... j'oubliais la question subsidiaire : Vous préoccupez-vous du contribuable parisien, madame Hidalgo ? 

Je crois que tout le monde connaît la réponse.  

                       Goncourt et Renaudot se font... la guerre !

Mardi 7 novembre : Curieusement, les Prix Goncourt et Renaudot ont récompensé deux romans qui abordent le thème de la deuxième guerre mondiale : l'Anschluss et le (bon) docteur Mengele. 

Aussi horribles que soient les traces laissées par ce conflit planétaire... on n'en finira donc jamais ? Pourquoi revenir continuellement sur les atrocités de l'Histoire ? Si encore cela nous permettait d'éviter celles du présent... mais on voit bien (hélas) que ce n'est pas le cas. 

Remarquez... vous pouvez me rétorquer que, en qualité d'auteur de polars, je suis mal placé pour tenir de tels propos. C'est vrai. Sauf que mes romans ne s'appuient jamais sur des faits réels. La fiction pure, même si elle se décalque sur l'actualité, nous autorise à faire s'entretuer des êtres humains sans éprouver la moindre culpabilité.  

C'est pratique, confortable... et tant pis pour le devoir de mémoire. L'amnésie n'a pas que des mauvais côtés, même si d'aucuns l'assimilent à une forme de lâcheté. 

                    Il y a ceux qui... Louvre, et ceux qui la ferment

Mercredi 8 novembre : Inauguration du Louvre à Abu Dhabi. Belle réalisation du plus grand architecte français depuis Le Corbusier : Jean Nouvel. Jupiter se déplace pour l'inaugurer ; ça fait du raffut ! 

Maintenant, on peut aussi voir la chose comme la plus gigantesque hypocrisie des temps modernes. Ce parangon de notre (le "notre" s'applique au vieux continent) culture ancestrale dans l'oeil du cyclone islamique, ça fait bizarre. Pour ne pas dire suspect. Cela recoupe - dans l'autre sens - les pétro-investissements dans le monde du luxe occidental.

A qui profite le crime... si crime il y a ? En vitrine, les émirats du Golfe sont des modèles d'ordre, de propreté, de luxe et de sécurité. Tout ce que l'on voudrait avoir (plutôt retrouver) chez nous. Mais l'arrière boutique n'est pas aussi clean. On y sent encore les miasmes du moyen-âge. Cette double face est perturbante, personne ne sait sur quel pied danser. Cherchent-ils à s'approprier notre culture, à nous instiller la leur ou (hypothèse pas totalement farfelue, même si utopique) à créer un savant mélange entre les deux ?

Nos ways of life seraient-ils compatibles ? Miscibles ?...

Et la religion, bordel ! Oui, il y a une religion qui s'est retranchée dans la niche du spirituel... mais l'autre se mêle toujours de diriger la cité. Et là... ça coince ! 

Et puis, dans notre société bienpensante, il y a ceux qui... Louvre et ceux qui la ferment. Le droit à l'expression n'est pas le même. Un demi millénaire après le bon roi Henri, si Abu Dhabi vaut bien un Louvre, Paris vaudra peut-être quelques mosquées....

                       La fantastique histoire d'Alfred Dunhill

Dimanche 12 novembre : Fascinante cette sucess story que peu connaissent (en tout cas, pas moi) ! Tout commence dans une petite église de Londres. La règle est de n'y employer que du personnel ayant un certain niveau d'études. Le vieux pasteur, peu regardant, engage Alfred, qui n'a pas besoin de savoir lire et écrire pour passer la serpillère et nettoyer les bancs. 

Mais le jour où le vieux pasteur fait valoir ses droits à la retraite, il est remplacé par un jeune, très à cheval sur le règlement. Soit Alfred fait des études, soit il démissionne ! Alfred considère qu'il est beaucoup trop tard pour se lancer dans le cycle éducatif et donc, il quitte l'église. Un peu désoeuvré, se promenant sur la très fréquentée Bond Street, il ressent le besoin de fumer une cigarette. Aucun bureau de tabac à l'horizon... il trouve enfin ce qu'il cherche dans une petite rue adjacente. 

De retour sur Bond street, il réalise qu'un bureau de tabac, dans cette rue de très fort passage, répondrait à un besoin évident. Il ouvre donc une première boutique dont le succès dépasse ses espérances puis, se rendant compte que la plupart de ses clients viennent du trottoir opposé, il ouvre une autre boutique de l'autre côté de la rue. Les deux magasins se multiplient pour atteindre le nombre de seize en trois ans. Le petit bonhomme illettré créé alors sa société : Alfred Dunhill & co. 

Il fait fabriquer une machine à rouler les cigarettes, lance sa marque "Dunhill" et s'associe avec des cultivateurs de tabac en Virginie. Il participe largement à leur prospérité. Lors de la signature d'un contrat devant le gouverneur de l'état, Dunhill trempe son pouce dans l'encre et l'appose sur le document, expliquant qu'il ne sait pas écrire son nom. Stupeur du gouverneur qui s'exclame : "Eh bien, mon ami, imaginez tout ce que vous auriez pu faire si vous aviez reçue une éducation appropriée !" Et Dunhill de répondre : "Si j'avais su lire et écrire, je serais toujours en train de balayer l'église."

Johnny Walker participe d'une histoire semblable et il ne faut pas oublier non plus que Bill Gates n'a pas fait d'études. A l'heure où tant de jeunes se demandent comment ils vont accéder à l'enseignement supérieur... cela donne à réfléchir ! 

                            France-Cuba : toujours le grand amour

Mardi 28 novembre : Grande et belle soirée de l'association France-Cuba, hier soir dans un bon restaurant des Gobelins, à Paris. Le nouvel ambassadeur, S.E. Elio Rodriguez-Perdomo, nous a gratifié d'un speech amical sur la situation actuelle de l'île (photo ci-dessus). Il a déploré le retour du gel des relations avec les US mais c'est dit confiant pour l'avenir, notamment en ce qui concerne les prochaines élections qui devraient trouver un successeur à la famille Castro. Il nous a rassuré sur la prochaine récolte de tabac, l'ouragan ayant épargné l'est de Cuba et, plus spécifiquement, la région de Pinar del Rio d'où proviennent la majorité de ces feuilles tant prisées. 

Au jeu des questions-réponses, il nous a assuré que le Vénézuela était un pays ami mais que c'était "chacun chez soi". Quant aux rapports de Cuba avec la France (c'est quand même le but de ces rencontres), il les voit toujours au beau fixe... même si notre président jupitérien ne lui a pas encore donné signe de vie. Mais ça viendra. Même sous De Gaulle, nous a-t-il rappelé, l'amitié entre les deux pays a toujours été chaleureuse. Il a insisté sur le fait que la couleur politique des gouvernements n'intervenait jamais dans nos relations. Enfin, il nous a rappelé que nos deux pays allaient accentuer leur rapprochement sur le plan culturel. Il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine. 

Sur un plan gastronomique, l'amitié franco-cubaine s'est transformée, hier, entre un mariage cubano-aveyronnais. Accord de saveurs particulièrement réussi entre une pièce d'Aubrac et son aligot, un pain perdu fortement parfumé de rhum, le tout couronné de puros, un pour l'apéritif et un pour accompagner les verres de JM qui concluaient la soirée.  

Actualités récentes

La pensée du jour : "C'est quand un moustique se pose sur tes testicules que tu réalises que la violence n'est pas la meilleure des solutions."

  Paradise ou... hell ?

Vendredi 10 novembre : Après le "Weinsteingate", voici un nouveau scandale planétaire : Les Paradise papers. 

Bien sûr que tout individu normalement constitué et que toute entreprise soumise aux lois du "marché" cherchera à reverser la plus petite partie possible de ses revenus à la communauté. C'est humain. 

Ce qui est tout aussi humain, c'est que les états moins favorisés économiquement que les nôtres et qu'on appelle à juste (ou pas juste) titre des "paradis", cherchent à pallier leur manque de ressources naturelles en faisant venir chez eux les poids lourds de l'économie mondialisée.

Et puis, il existe un autre paramètre qui se cantonne au simple individu. Si vous générez de gros revenus et qu'on vous en prenne plus de 60 ou 70%, vous n'avez plus l'impression de travailler pour votre bien-être. Et cette sensation est décuplée lorsque vous constatez la manière avec laquelle les pouvoirs publics dilapident "votre" argent. Cet immense gâchis vous révulse. Si encore les taxes prélevées sur vos revenus servaient à construire des hôpitaux, des autoroutes, etc. , vous accepteriez sans discuter cette contribution citoyenne... mais quand la corruption s'en mêle et qu'on vous impose l'aide indûe à de pseudo-réfugiés au détriment de gens comme vous qui avez civilement cotisé pour vos vieux jours... vous vous dites que s'il existe des paradis, vous, vous avez la malchance de vivre en enfer !  

Vous ne voulez pas aider les migrants ?

Lundi 13 novembre : Il n'y a plus assez de bénévoles pour laver les chiottes des migrants. Gentils retraités français, voici une occasion rêvée de vous rendre utile, vous qui nagez dans l'opulence après une vie d'oisiveté.

Autrement, si vous débordez d'énergie, il y a une autre façon de vous dégourdir les bras : creuser votre propre tombe !

Un grand écrivain, un magnifique roman

Vendredi 17 novembre : J'ai lu "La valse aux adieux" de Milan Kundera. Je ne vous en ferai pas la critique, d'autres s'en sont chargés... beaucoup mieux que je ne pourrai le faire. 

Je n'ai qu'un simple message à vous délivrer : lisez Kundera, immergez-vous dans son oeuvre ! On en sort enrichi. Cette "Valse aux adieux" est tout le contraire d'un au revoir. C'est une invitation à entrer dans ce formidable labyrinthe que constitue l'être humain.