Mon billet du jour

Emotions, impressions, réflexions... tout ce qui me passe par la tête, couché sur le papier. En l'occurrence... sur l'écran.

"Ici la lumière élabore ses plans

dans la tache du silence et la nuit

se met à parler aux portes. Voici le temps du corps,

le bois de l'ombre."

A. Ramos Rosa

                                                                            La retraite

Jeudi 7 septembre : A l'homme laborieux, la société moderne donne le droit de se reposer à partir d'un certain âge. Mais ce n'est pas gratuit ! On le ponctionne durant toute sa vie active sans lui laisser la possibilité d'organiser lui-même financièrement ses vieux jours. 

Dès lors qu'il existe un système, il existe des injustices. Certain travaillent peu de temps et perçoivent une grasse pension... d'autres s'épuisent au labeur pour une maigre retraite dont leur état physique ne leur permettra guère de jouir longtemps. 

Et lorsqu'un dirigeant ose tenter de raboter les différences, les détenteurs de privilèges menacent de bloquer l'économie du pays. Car - et ce n'est pas un hasard - ce sont toujours ceux qui ont accès aux organes vitaux de la nation, qui bénéficient desdits privilèges. 

Et ce sont ces mêmes gardiens du temple qui se prévalent d'une idéologie égalitaire....  

                                      Grandes catastrophes, petites douleurs 

Samedi 9 septembre : La mort d'un être humain est toujours douloureuse mais elle s'inscrit dans la normalité. La mort collective et brutale participe des catastrophes. Comment rester insensible aux désastres engendrés par les cyclones "Irma" et "José" ? Comment demeurer impassible face au tremblement de terre qui a secoué le Mexique ? Comment ne pas trembler devant la folie des hommes qui - un jour peut-être - utiliseront leur génie scientifique pour s'autodétruire. 

Face à cela, la disparition de Pierre Bergé est un non évènement. Je ne connaissais pas cet homme personnellement, mais l'image qu'il donnait de lui ne m'était guère sympathique. Quant à son "héritage culturel", je l'attribue aux artistes dont il a eu l'intelligence de collectionner les oeuvres (on ne sait pas trop comment et... peut-être vaut-il mieux ne pas le savoir), plutôt qu'à lui-même. 

                               Le laser ou la bombe atomique ?

Dimanche 10 septembre : Dans son dernier discours, Macron a déclaré vouloir faire la guerre aux fainéants. Il a l'excuse de l'enthousiasme juvénile. Depuis l'après-guerre et les golden sixties, les gouvernements successifs de la Cinquième République ont laissé la France s'enfoncer dans les sables mouvants de la démagogie. Résultat des courses : au pays des dix millions de chômeurs, ceux qui travaillent estiment qu'ils travaillent trop, ceux qui ne travaillent pas estiment qu'on ne les aide pas assez et ceux qui viennent en France estiment qu'ils n'ont aucune raison de travailler. Mettons-nous à leur place : ils auraient bien tort de le faire puisque le système les rend prioritaires. 

Prioritaires par rapport aux "indigènes" issus d'une époque où la valeur travail figurait dans le "pack éducation". Ils ont cru à la répartition des richesses, ils se sont civilement laissé spolier... et se retrouvent aujourd'hui sur le banc des inutiles, des poids morts de la société. 

Alors, bon courage à notre président jupiterien qui veut trier le bon grain de l'ivraie ! Traquer le fainéant dans notre société contemporaine relève de la microchirurgie ou, à l'extrême opposé, du génocide socio-culturel.

Le laser ou la bombe atomique.  

                                                  Savoir finir....

Lundi 11 septembre : Un bouquiniste de Nice m'a fait cette réflexion que je n'ai pas oubliée : "Ce qui distingue les grands auteurs des autres, c'est qu'ils savent finir leurs romans." 

C'est tellement vrai ! Essayez de vous souvenir du nombre de bouquins dont la fin vous laisse sur votre... faim ! A titre personnel, j'ai subi ce reproche plusieurs fois, notamment à propos de "Une passion dévorante". On m'a dit : très bon roman... mais la fin est décevante. Il faudrait une suite ! 

Un roman mal fini est un roman raté. C'est ce que je me suis dit... mais trop tard. Dommage de réussir un roman aux 9/10èmes et de tout foutre en l'air pour quelques pages bâclées ! Un peu comme un cheval qui a course gagnée et qui tombe à la dernière haie, si vous me passez cette métaphore hippique. 

Donc, chers confrères... attention aux dernières pages ! Je ne dirai pas que ce sont les plus importantes car il faut amener le lecteur à les tourner (à quoi sert une bonne fin si vous n'êtes pas lu jusqu'au bout ?) mais il n'y a rien de plus frustrant qu'un roman qui tombe en panne sèche si près du but !  

                                Jeux ou cauchemars olympiques ?

Jeudi 14 septembre : La gloire olympique va-t-elle retomber sur Paris et sa région ? C'est ce que nous disent les politiques - Mmes Hidalgo et Pécresse en tête - qui veulent profiter de ce "formidable élan économique" pour asseoir leur position. Sauf que... toutes les précédentes olympiades ont été des gouffres financiers pour les organisateurs et il n'y a aucune raison qu'il en soit autrement avec Paris dans 7 ans. Le contribuable doit se préparer à la disette car sa bourse sera mise à rude épreuve. Qui plus est, durant les trois semaines que durera ce grand raout sportif, il sera chassé de chez lui ! Rien ne sera trop beau pour illuminer la vitrine et l'indigène risque de se brûler sous les rayons ardents de la Reine Soleil. 

Seulement voilà, Mme Hidalgo s'est tellement fait détester par les Parisiens qu'il y a tout lieu de croire qu'elle ne sera pas réélue en 2020. Elle aura donc tiré les marrons du feu pour un(e) autre. Toutefois, en ce qui concerne le (pauvre) Parisien, le mal sera fait. Certes, il y en a qui trouveront l'occasion de briller avec la reine et d'autres qui s'enrichiront sur les déficits. C'est classique. Mais le gros de la troupe va souffrir et le pays, très affaibli et immuno-déficient, n'a pas besoin de cette nouvelle attaque virale. 

Attention, je suis pour le sport et sa sublimation à travers les Jeux Olympiques, formidable tremplin humaniste. Simplement, nous ne sommes plus aux temps du Baron de Coubertin et le "big business" s'est invité à la fête. 

Ce qui change la lettre... comme l'esprit !

Adieu l'ami, non... juste ciao !

Mercredi 20 septembre : Hier, "j'ai" enterré un très cher ami. Abud Isreb, Syrien de naissance et Français de coeur. Homme d'une grande culture, lettré, épicurien à l'humour aussi fin que l'esprit, Abud regardait le monde - et même sa Syrie déchirée - avec cette bienveillante modération qu'il devait à ses racines orientales. Il aimait la vie et la vie l'a aimé jusqu'à ce jour. Elle lui a donné beaucoup plus en 67 ans qu'elle ne donne à certains centenaires. A commencer par une épouse... une (vraie) compagne de route : Khalida. Tous deux formaient un couple que seul le crabe perfide aura réussi à détruire. 

La photo, ci-contre, les montre bercés par le doux flux de l'Allier. Qui peut dire, à cet instant, que le long fleuve tranquille va chuter dans l'abîme ? Vichy était un peu leur seconde patrie. J'y avais fait leur connaissance, il y a une trentaine d'année. Mais en amitié, le temps n'existe pas. Trente ans ou cinq minutes... avant, pendant, après... peu importe. L'amour transforme le souvenir en matière et Abud continuera de vivre en nous. 

Ce monde peut-il encore longtemps fonctionner comme ça ?

Jeudi 21 septembre : Le Mexique vient de subir un second tremblement de terre en un mois et les morts se comptent par centaines (pour l'instant). Et lorsque le sol est statique, ce pauvre pays, déchiré par la corruption et la criminalité due au narco-trafic, saigne d'une hémorragie aussi constante que douloureuse. 

Pendant ce temps, la France, qui vit dans la paix tellurique et dont les mamelles sont abondamment têtées, voit défiler dans les rues de sa capitale quelques enfants gâtées à la ronde bedaine, protestant contre un serpent de mer nommé "Loi Travail". Quand, à 6000 kilomètres, ceux qui n'agonisent pas tentent de survivre, les "nôtres" s'interrogent sur les "accords de branche".  

Personnellement, je m'interroge sur cette branche... qu'on est en train de scier. 

Est-ce que ce monde (à deux vitesses) peut continuer encore longtemps à fonctionner comme ça ? 

                                     Le joyau des joyaux

Samedi 23 septembre : Hier, à l'opéra Garnier, j'ai assisté à la première de "Joyaux", un ballet signé du grand Balanchine qui se déroule en trois tableaux : 1) L'émeraude, qui évoque Paris, sur une musique de Gabriel Fauré. 2) Le rubis, symbolisant New-York, serti d'une partition d'Igor Stravinsky. 3) Le diamant et son écrin Saint-Petersbourg, tout naturellement porté par Tchaïkovski (symphonie n°3). 

Costumés par Christian Lacroix, danseurs et danseuses se sont succédés dans un spectacle inouï de grâce, de précision et de minutie... à l'image de la taille de ces joyaux qui en composaient le thème. Hugo Marchand et Amandine Albisson (notre photo) nous ont offert un bouquet final d'un éclat comparable au plus beau des solitaires.  

Merveilleuse soirée. Je dirais presque magique... si ce terme n'était complètement galvaudé.

                           Un séisme ? What did you expect ?...

Lundi 25 septembre : What did you expect, comme dit la pub. What did THEY expect ?

Ce matin, les Allemands se sont réveillés en découvrant que leur pays virait à droite toute... comme la plupart des pays européens. Mais franchement... ils s'attendaient à quoi ? S'imaginaient-ils que le peuple (celui qui a du mal à boucler le budget quotidien, non celui du Charity business) allait accepter longtemps "la préférence migratoire" appliquée par madame Merkel ? 

Dans un tel cas de figure, je suis toujours ébahi par la réaction de l'extrême-gauche, les soi-disants anti-fachistes. Ces gens-là prônent le suffrage universel quand il va dans le sens de leur idéologie et, dans le cas contraire, il descendent dans la rue et cassent tout. 

En politique, il faut savoir être beau joueur et surtout... écouter le peuple. Celui auquel les médias ne donnent jamais la parole, celui que l'intelligentsia ne regarde que dans les traités de sociologie. Ce peuple-là n'a qu'une manière de s'exprimer : les urnes. Et quand il le fait, nos grands humanistes appellent ça "un séisme". 

C'est beau, la démocratie vue d'en haut ! 

                       Alain Finkielkraut : "La gauche a changé"

Jeudi 28 septembre : J'ai écouté le philosophe et essayiste Alain Finkielkraut, ce matin sur France Culture. On lui a demandé s'il avait changé, s'il était toujours un homme de gauche. J'ai beaucoup aimé sa réponse. 

"Ce n'est pas moi qui ai changé, a dit Finkielkraut, c'est la gauche". Il a expliqué ensuite que la gauche républicaine n'existait plus de nos jours. Qu'un de ses derniers représentants, Manuel Valls, s'était fait sortir en beauté lors des primaires parce qu'il avait eu le "malheur" d'aborder la question identitaire. En revanche, la gauche d'aujourd'hui s'est fortement "islamisée". On parle alors d'islamo-gauchisme. 

Et ce n'est pas faux. Dans les années 60, le Parti Communiste protégeait les ouvriers (français). Le monde rural aussi votait à gauche. La gauche de l'époque se voulait l'héritière de Jaurès, de Blum, voire de Clémenceau. Tous ces électeurs se retrouvent aujourd'hui au Front National, qui défend des valeurs de gauche... n'en déplaise à certains ! On le dit d'extrême droite car certains de ses éléments sont issus de cette droite dure qui n'engendre plus que de très faibles échos dans le monde actuel... mais, dans sa globalité, le FN propage une idéologie de gauche nationaliste, anti-libérale. 

Comme la gauche de 2017 n'a plus la caution du prolétariat, elle s'est "rabattue" sur les migrants et l'islamisme galopant, essayant de se faire porter par ce courant. 

C'est là toute la différence et Finkielkraut n'a pas tort.

Actualités récentes

J'ai lu

Ce n'est pas une nouveauté mais... mieux vaut tard que jamais ! Surtout quand il s'agit d'un roman de cette qualité. 

Personnage bien campés, écriture fluide,  intrigue de qualité où l'auteur joue avec le temps. Suspense ménagé jusqu'aux dernières pages. On prend la fin comme un coup de poing en pleine poire ! 

Superbement ficelé. Pas étonnant que ce roman ait reçu une avalanche de prix ! 

Nymphéas noirs, de Michel Bussi, chez Pocket. 

Humour de journaliste...

Lundi 18 septembre : Un confrère, qui vient de faire connaissance avec ce blog où il apprend la parution de mon prochain roman, m'envoie une suggestion par texto : En lieu et place de "Vingt briques pour un pantin", il me propose... "Vingt triques pour une putain". 

Désolé pour lui, le livre est déjà imprimé. Cela étant, je lui ferai remarquer qu'il faudrait plus de vingt triques pour arriver à vingt briques.

Quoi que, dans certains milieux....

Donnez-nous notre Proust quotidien !

Mardi 19 septembre : Je n'ai de leçon à donner à personne... mais je puis vous indiquer, chers confrères, un truc qui "marche" sur moi. Un peu comme si je vous disais que telle ou telle potion de grand-mère me redynamise ou m'aide à dormir... mon petit Proust quotidien m'aide à écrire. 

Quel que soit le roman que je lise en ce moment (polar, thriller ou autre), j'ai besoin de mes dix pages quotidiennes de la "Recherche du temps perdu". Le temps ne m'est pas perdu... puisque cette immersion dans l'univers proustien revitalise mes connexions neuroniques, à l'image de certains bains qui ont un effet tonique sur le corps... si vous me passez cette comparaison. 

A chacun sa méthode. 

Paul Wermus

Jeudi 21 septembre : Paul Wermus, lui aussi, nous a quitté. Ce n'était pas un ami proche mais un collègue estimé. Dans les années 80, nous avions partagé le plateau de "Bonjour la France", chronique matinale du week-end très populaire, animée par Jean-Claude Bourret sur TF1. 

J'aimais son humour et sa bonne humeur. Sourire aux lèvres, havane au bec. Il appartenait à cette "race" aujourd'hui quasiment disparue de journalistes dont la signature était trempée dans le caractère. Comme son mentor Bouvard, il n'avait pas peur du verbe. 

Humour biblique

Jeudi 21 septembre : A son fils qui vient d'avoir le permis de conduire, un père dit : "Tu pourras prendre ma voiture quand tu te seras fait couper les cheveux, quand tes résultats scolaires se seront améliorés et quand tu auras étudié la Bible." Un mois plus tard, il convoque son fils pour le féliciter : "C'est très bien, tu as fait tout ce que je t'ai demandé... sauf que tu ne t'es pas coupé les cheveux." Et le fils de protester : "Mais Papa, Moïse, Noë, Samson et Jésus avaient les cheveux longs !" "Peut-être", rétorque le père, "mais ils se déplaçaient tous à pied."

Les valeurs sûres du terroir : une choucroûte accompagnée d'une bonne pinte de Paulaner. Après les yeux et les oreilles (voir ci-contre), c'était le tour du ventre.

         Jappeloup

Lundi 25 septembre : Hier, sur C8, j'ai revu "Jappeloup" avec plaisir. Un film chargé d'émotions, comme toutes les histoires de couples homme-cheval, fussent-ils célèbres ou anonymes. 

J'ai bien connu le Pierre Durand de l'après Jappeloup, quand il occupait les fonctions de président de la FFE. J'ai du mal à reconnaître en lui le personnage incarné par Guillaume Canet. J'ai tout autant de mal à supporter qu'on "taille un costard" à Marcel Rozier, un homme que j'estime pour avoir travaillé avec lui.

Mais ce ne sont là que des impressions personnelles qui n'impactent en rien la qualité du film.