JAMES-HADLEY CHASE

Ecrivain anglais, né le 24 décembre 1906 et décédé le 6 février 1985. 

René Lodge Brabazon Raymond a utilisé de nombreux pseudonymes pour signer ses romans, le plus connu d'entre-eux étant James-Hadley Chase. 

Celui qui allait devenir un des plus grands auteurs de polar britanniques n'a pas fait d'études. Il a quitté ses parents et l'école à l'âge de 16 ans ; c'est sa passion pour la lecture qui l'a sauvé. De petits boulots dans la vente de livres d'occasion lui ont donné envie d'écrire. En sortiront 90 romans et thrillers, les plus connus étant "Pas d'orchidées pour Miss Blandish" et "La nuit des généraux". 30 de ses romans ont été adaptés au cinéma, dont une grande partie en France, le pays où Chase est le plus lu. 

Pilote de la Royal Air Force durant la seconde guerre mondiale, photographe et grand amateur d'opéra, le plus british de tous les romanciers noirs a, bizarrement, toujours écrit sur les Etats-Unis. C'est la grande dépression de 1929 ainsi que la lecture du chef d'oeuvre de James Mc Cain, "Le facteur sonne toujours deux fois", qui l'auraient amené à bâtir des intrigues outre-Atlantique. Pourtant, Chase ne s'est que très rarement rendu sur place pour brosser le décor de ses livres. On dit qu'il écrivait avec des cartes routières et un dictionnaire d'argot américain qu'il s'était fait envoyer à cet effet. 

 

 Thriller psychologique.

La couverture du livre nous montre Jeanne Moreau dans le rôle titre. Je n'ai pas vu le film (un des "ratés" de Joseph Losey, dit-on) mais tout laisse croire que cette grande actrice a su incarner cette femme fatale. 

Fatale, elle l'est en tout cas pour le héros masculin qui se laisse envoûter par Eve. Le verbe "envoûter" est approprié dans la mesure où le personnage a tout pour déplaire. Prostituée, vénale, versatile, stupide, même pas belle... on se demande pourquoi et comment cet homme tombe sous son charme au point de ne plus pouvoir s'en défaire. 

Il faut dire que Clive Thurston (personnage masculin principal) n'est pas un modèle de vertu, lui non plus. Auteur raté, usurpateur, vélléitaire, il boit comme un trou et se laisse entraîner dans sa propre chute, sans opposer la moindre résistance. 

Voici un roman noir psychologique sans aucun meutre. Ce qui n'empêche pas James-Hadley Chase d'y disséquer avec brio la déchéance d'un être. Un héros tragique, incapable d'échapper à son destin. Il y brosse un portrait de femme magistral et nous invite à réfléchir sur l'attraction irrésistible du mal chez l'homme. D'autant plus qu'il met en opposition deux femmes : l'une parfaite en tous points et l'autre, vulgaire, animale, destructrice. 

Du grand art chez un auteur qui a fait ses preuves depuis belle lurette !

"Eve", de James-Hadley Chase.

                           Ma note : 19/20.