PETER MAY

Ecrivain écossais, né à Glasgow le 20 décembre 1951. 

Peter May a commencé sa carrière professionnelle à la télévision écossaise et anglaise. Il s'y fera remarquer en qualité de scénariste, puis producteur et réalisateur. A cette époque, il découvre les îles Hébrides (nord-ouest de l'Ecosse) dont il s'inspirera pour rédiger sa trilogie écossaise dont "L'homme de Lewis" (voir ci-contre) est issu. 

Dans les années 90, il abandonne son travail à la télévision pour se consacrer exclusivement à l'écriture de romans policiers. Pour ce faire, il s'installe en France, dans le Lot, et publie aux éditions du Rouergue. Le 19 avril 2016, il est naturalisé Français. 

Peter May est aussi connu pour son amour des voyages et plus particulièrement de la Chine dont les services de police l'intéressent au premier chef. De cet intérêt naîtra une série de six romans noirs intitulée "Série chinoise".  

                                   Une leçon d'histoire.

En l'espace de quelques semaines, quatre corps sont découverts à Pékin. Les trois premières victimes ont été droguées avant d'être décapitées. Sur leur corps, un panneau portant un chiffre et un nom. La quatrième a été exécutée de la même façon, il s'agit d'un diplomate américain, Yuan Tao, revenu en Chine après un long séjour aux Etats-Unis. Mais pourquoi a-t-il accepté un emploi subalterne à l'ambassade et loué un appartement dans un quartier pauvre de Pékin ? Peut-il y avoir un lien entre les quatre morts ? Dans ce deuxième volet de la "série chinoise", Margaret Campbell et Li Yan, héros de Meurtres à Pékin, sont à nouveau obligés de travailler ensemble, perturbés par une irrésistible et destructrice attirance. Pour découvrir la vérité, il leur faudra se plonger dans la période tragique de la Révolution culturelle, et remonter même jusqu'aux soldats de l'armée de terre cuite de l'empereur Qin Shi Huang. 

Cette enquête entre passé et présent offre une leçon d'histoire et permet d'approcher la mentalité chinoise. On devine assez vite les personnes impliquées dans le quatrième assassinat. L’histoire d'amour entre les deux enquêteurs, digne d'un roman à l'eau de rose, est tout aussi agaçante qu'inutile. A lire pour préparer une visite en Chine.

                                                                                                                                               Alice Midal.

"Le quatrième sacrifice" (Actes sud), de Peter May                                                                       Ma note :14/20

                    Extra original, bien écrit et... d'actualité !

Au petit matin, sur une route déserte du Texas, le shérif adjoint Jackson est attiré par un camion frigorifique qui semble abandonné. La cargaison qu'il découvre lui fait regretter amèrement sa curiosité : quatre-vingt-dix-huit cadavres de clandestins chinois morts asphyxiés. Encore un sinistre drame de l'immigration ? Pas sûr... Les pages d'un carnet trouvé sur l'un des corps, ainsi que d'étranges et inquiétantes marques de piqûres, attirent l'attention des autorités sanitaires du pays. Qui a bien pu vouloir transformer ces malheureux, venus chercher des jours meilleurs en Amérique, en véritables "bombes humaines" ?
Dans ce quatrième volet de la "série chinoise" de Peter May, c'est aux États-Unis que l'inspecteur Li Yan, dépêché par le gouvernement chinois, retrouve Margaret Campbell, médecin légiste, chargée d'organiser l'autopsie des quatre-vingt-dix-huit corps. En compagnie du FBI et des services de l'Immigration, ils plongent dans l'univers trouble des trafics de clandestins et s'engagent dans une course contre la montre. Car si les responsables de cette machination ne sont pas neutralisés, c'est toute l'humanité qui est menacée d'une terrible et collective agonie.

 Extra original, bien écrit et... combien d’actualité avec une épidémie au virus fabriqué par la main humaine !!!

                                                                                                                         A.M.

"Cadavres chinois à Houston" (Actes sud), de Peter May.                                                              Ma note :19/20

                         Histoire d'amour à l'encre noire....

"I'll keep you safe" est un bon et beau roman. Les amateurs de pure littérature policière en seront peut-être pour leur frais car l'intrigue est minimaliste avec une fin prévisible, enfin... prévisible pour qui a un peu l'habitude des enquêtes menées dans la grande tradition britannique. Pourtant, celle qui mène l'enquête est une femme lieutenant de la Crim' à Paris. C'est d'ailleurs dans la capitale française que démarre notre histoire. Mais c'est en Ecosse - et pas n'importe quelle Ecosse - qu'elle prendra son envol. Peter May nous plonge alors dans ses racines à travers cet archipel de l'ouest de l'Ecosse connu sous les noms d'Hébrides. Le vent est un personnage - difficile de l'oublier - la pluie et la grêle en sont deux autres, pas des plus gentils.... La terre est pelée, les arbres sont rares, tout autant que les apparitions du soleil. Les falaises sont escarpées et les routes qui les sillonnent, infréquentables. Du moins pour ceux de ce qu'on appelle le "mainland" : l'île principale et grandiose que constituent l'Angleterre, le Pays de Galles et l'Ecosse. Les insulaires sont aussi rudes et tranchants que le granit. A l'image de la vie qu'ils mennent dont la surface est râpeuse et rugueuse, comme la langue locale. Le Gaélique, tout aussi incompréhensible pour les Continentaux que pour les Anglais.

Dans cette atmosphère, que le lecteur ressentira jusqu'au fond deses os, Peter May nous raconte une magnifique histoire d'amour. Il nous raconte aussi la haine, la vengeance, la jalousie, la rancune... tous ces sentiments humains dont l'insularité et le climat sont les verres grossissants. Il nous apprend aussi la technique du tissage des tweeds les plus chers du monde, issus de la laine ô combien précieuse du mouton. Le seul mammifère qui survit sur cette île avec le chien... et l'homme ! Il y a aussi ces curieux insectes - les midges - qui empoisonnent leur existence en plein été car, vous l'avez compris, nous sommesici dans les contrastes de l'extrême. 

Un mot enfin sur la technique narrative de l'auteur que j'ai adorée. L'action, décrite par le narrateur, se situe naturellement à la troisième personne du singulier mais le personnage féminin principal, Niamh (que May nous invite à prononcer "Nive") raconte les flash-backs à la manière de souvenirs qu'elle conjugue à la première personne du singulier. C'est vivant et vibrant ! Des défauts ? Il y en a toujours. Pour ma part, je dirai quelques longueurs et une fin que j'ai trouvée un tout petit peu bâclée. L'ensemble constitue néanmoins un livre qui laissera des traces dans la mémoire du lecteur. A n'en point douter !

"I'll keep you safe", de Peter May.                                                                                    Ma note : 18/20.

       Un livre prenant !

En rupture avec son passé, Fin Mac Leod retourne sur son île natale de Lewis. La mort tragique de son jeune fils a détruit son mariage et il a quitté la police. La lande balayée par les vents, la fureur de l’océan qui s’abat sur le rivage, les voix gaéliques des ancêtres… il pense pouvoir retrouver dans ces lieux de l’enfance un sens à sa vie. À peine Fin est-il arrivé qu’on découvre le cadavre d’un jeune homme, miraculeusement préservé par la tourbière. Les analyses ADN relient le corps à Tormod Mac Donald, le père de l’amour de jeunesse de Fin, faisant du vieil homme le suspect n° 1. Mais celui-ci ne peut se défendre, perdu qu’il est dans les brumes de sa maladie d’Alzheimer, Fin va donc l’aider. Au rythme des fulgurances qui traversent l’esprit sénile de Tormod, le passé ressurgit, douloureux, dramatique, dévoilant le sort que la société écossaise a réservé pendant des décennies aux enfants orphelins ou abandonnés que l’Église catholique envoyait sur les îles Hébrides.

379 pages lues dans la journée tellement ce livre est prenant (cela ne m’étais jamais arrivé !) autant pour les énigmes policières que pour l’Histoire avec un grand H.... J'ai été sensibilisée par le sort des orphelins pauvres. Je tiens à faire remarquer que la situation des enfants orphelins, en France comme en Angleterre ou en Australie, était horrible. Qu'ils fussent sous la coupe des protestants ou de l’église catholique.

                        Alice Midal.

"L'homme de Lewis" (Actes sud), de Peter May.    Ma note : 19/20.

   Apocalyptique !

Prix international du polar de Cognac 2012

Depuis qu'il a quitté la police, Fin Macleod vit sur son île natale des Hébrides, à l'ouest de l'Écosse. Engagé pour pourchasser les braconniers qui pillent les eaux sauvages des domaines de pêche, il se trouve confronté à Whistler, son ami d’enfance qui vit désormais comme un vagabond, privé de la garde de sa fille unique. Alors qu’ils viennent de traverser ensemble une nuit d’orage, ils découvrent l’épave d’un avion abritée depuis dix-sept ans par un lac. L’appareil, qu’on avait cru abimé en mer, recèle le corps d’un homme assassiné.

Opus final de la trilogie de Lewis, Le Braconnier du lac perdu est aussi le plus apocalyptique. Tandis que ressurgissent les démons enfouis et que les insulaires affrontent une nature dévastatrice, l'heure des comptes a sonné et les damnés viennent réclamer leur lot de victimes.

Je ne me lasse pas de lire cet écrivain. Je l’ai lu d’une seule traite ; il décrit remarquablement le ressenti de ses héros. On vit le livre intensément en se mettant à la place des acteurs de ce drame.

                                    A.M.

"Le braconnier du lac perdu" (Actes sud), de Peter May.

                         Ma note : 17/20.