IAN RANKIN

Ecrivain écossais, né le 28 avril 1960 à Cardenden (Ecosse). 

Ian Rankin a vu le jour dans un petit village de la région de Fife, à une trentaine de kilomètres au nord d'Edimbourg. Etudiant à l'université d'Edimbourg, il passe trois ans à écrire ses propres romans en faisant croire qu'il étudie la littérature écossaise. A cette époque, il vit de petits boulots : il fait des vendanges, travaille dans un élevage de porcs, devient journaliste dans un magazine de hi-fi... et il est même recruté comme agent du fisc.

Après son mariage en 1986, il quitte l'Ecosse pour vivre à Londres et en France (6 ans dans une petite ferme du Périgord)... puis il revient à Edimbourg. Il utilise le nom de jeune fille de son épouse (Harvey) comme pseudonyme dans certains de ses romans. 

Son tout premier restera au fond d'un tiroir. Le deuxième est publié mais sans grand succès. C'est le troisième, "L'étrangleur d'Edimbourg", traduction française de "Knots & crosses" (voir ci-contre), et le premier de la "série Rebus", qui va le propulser vers la voûte étoilée. Avec le sergent John Rebus, il a trouvé un personnage, à la fois charismatique et très fragile, qui va lui faire connaître la notoriété. Les "Rebus" sont traduits en vingt-deux langues et le rendent célèbre dans le monde entier. 

Parallèlement à cela et surfant sur le succès, il écrit des nouvelles, se lance dans le théâtre et produit sa propre série TV dont il assure la présentation. 

Ian Rankin a reçu de nombreux prix littéraires aux quatre coins du globe. En France, il s'est vu décerner le Prix du roman noir. 

"Fleshmarket close" est ce que j'appellerai un "polar documentaire". J'entends par là que le travail du documentaliste, voire même du journaliste, y est prépondérant. Et je me demande même si, dans l'esprit de l'auteur, il n'est pas supérieur à celui du romancier. Si le reportage n'efface pas l'intrigue....

Avant toute chose, ce livre met en scène la ville de l'auteur : Edimburg. Thème récurrent dans l'oeuvre de Rankin. C'est un vrai personnage, dont on sent le coeur battre à toutes les pages. Attention, Ian Rankin n'est pas un guide touristique. Il ne nous emmène pas dans les endroits que nous aimerions forcément visiter... et c'est là que se situe le confluent entre l'intrigue policière et le documentaire. Car "Fleshmarket close" traite le problème de l'immigration et de la délinquance induite, un visage que le lecteur lambda est loin de connaître. Voire même, d'imaginer ! 

Cette découverte, aussi intéressante qu'inattendue, constitue aussi le reproche que j'adresse à ce livre. L'auteur prend parti dans une répartition des "gentils" et des "méchants" que j'aurais souhaité plus objective. On croirait entendre -ou ou lire - nos prêtres de la "bienpensance" dans les salons bobos de Paris. Sur un plan strictement romanesque, l'intrigue n'en sort pas gagnante. On y trouve quelques lourdeurs et des délayages inutiles. Un délestage d'une centaine de pages n'aurait pas nui à la qualité du bouquin, bien au contraire !   

Il n'en reste pas moins que Ian Rankin est un écrivain de talent et que, de ce fait, la "pilule" est plus facile à avaler. Et puis, homme ou femme, comment ne pas succomber au charme du Detective Inspector John Rebus, son personnage récurrent ? Il boit trop, il fume trop, traîne sa lourde carcasse dans la nuit brumeuse, enduit sa dialectique d'un cynisme corrosif et, malgré tout, c'est lui qui porte le roman. Sans minimiser le Detective Sergeant Clarke, de son prénom Siobhan (plus écossais, tu meurs !) dont la vivacité d'esprit et la "grande gueule" nous procurent de vrais morceaux de bravoure. Et puis, le style de Rankin, les dialogues trempés dans le malt, sa connaissance de la police locale... tout cela nous immerge dans un monde qui respire l'authenticité.

La lecture de ce livre laissera des traces dans votre mémoire.

"Fleshmarket close", de Ian Rankin.                                                                                            Ma note : 16/20. 

  Le premier de la "série                  Rebus".           

"L'étrangleur d'Edimbourg" n'est pas un bon titre pour ce roman qui vaut beaucoup mieux qu'une accroche racolleuse. Toutefois, il faut bien admettre que "Knots & crosses" n'était pas facile à traduire en Français, dans le sens énigmatique de l'expression qui, vous vous en doutez, joue un rôle majeur dans l'intrigue. 

Voici donc le premier roman de la "série Rebus" qui a rendu Ian Rankin célèbre. C'est une réussite. Il est clair que l'auteur a déjà trouvé ses marques. Le sergent-inspecteur Rebus est un personnage complexe qui n'a aucun mal à induire l'empathie du lecteur. Comme tout bon écossais, il constitue un mélange de violence et de fragilité dont la consommation exagérée d'alcool décuple les effets. 

L'intrigue, qui nous lance à la recherche d'un tueur en série de jeunes filles, la sous-intrigue, qui met en scène un scabreux trafic de drogue, et les problèmes familiaux du héros composent un cocktail assez digeste, en fin de compte... même si certaines scènes sont à la limite du supportable. 

En résumé, "L'étrangleur d'Edimbourg" est un roman que le lecteur n'oubliera pas de sitôt. Ce qui est toujours un gage de qualité. D'autant plus que le style est à la hauteur de l'intensité émotionnelle.

"L'étrangleur d'Edimbourg", de Ian Rankin.      Ma note : 17/20.

     Un polar                documentaire.