ELIZABETH GEORGE

Ecrivaine américaine, née le 26 février 1949 à Warren dans l'état de l'Ohio (USA). 

Elizabeth George est une autrice américaine de littérature policière dont les intrigues se déroulent essentiellement en Grande Bretagne. L'opposée d'écrivains britanniques, tout aussi réputés qu'elle qui, à l'inverse, ont bâti leur réputation romanesque sur des enquêtes ayant pour cadre les Etats-Unis. Notamment, comme James-Hadley Chase, Peter Cheyney et, plus récemment, R.J. Ellory. 

Le jeune Elizabeth est venue s'installer, avec ses parents, dans le nord de la Californie (Silicon Valley) où elle a enseigné la littérature anglaise moderne, avant de se lancer dans l'écriture et d'en faire son métier. Ce goût lui est venu dès l'âge de 16 ans, à la suite d'un voyage au Royaume Uni, sur les traces de William Shakespeare.

Ses auteurs préférés, Edgar Poe, Agatha Christie et P.D. James, montre déjà sa préférence pour la littérature policière.

Son goût pour le roman noir, qui s'affirme,  l'amènera à publier son premier opus en 1988 : "A great deliverance", traduit en Français sous le titre : "Enquête dans le brouillard". Ce premier essai est un coup de maître. Il lui vaut le Grand Prix de la Littérature Policière. S'ensuivent 19 autres romans dans la série "Inspecteur Lynley" (voir ci-contre) et quelques autres dans la série "The edge of nowhere".

Aujourd'hui, Elizabeth George figure parmi les plus grand noms féminins du genre. 

 Une "mauvaise action" qui entraîne un grand roman.           

Autant le dire tout de suite : j'ai été emballé par ce livre ! Quoique étant un peu surpris par la longueur du déroulé de l'intrigue, au début. Certes, il y a du délayage... mais c'est ce que j'appelle du délayage intelligent. Instructif. On apprend à connaître les personnages, à fouiller leur psyché. Elizabeth George nous en donne le temps. Et comme son style est très vivant, le temps passe vite. Il nous permet, en outre, de nous imprégner de différentes atmosphères, comme si nous en étions les acteurs. 

"Juste une mauvaise action" ("Just one evil act") nous apprend énormément sur le fonctionnement de la police anglaise ("The Met", New Scotland Yard) ainsi que sur le suivi d'une instruction en Italie... car le roman se déroule - à parité - dans les deux pays. Elle habille avec humour le choc culturel et linguistique entre les deux peuples, notamment à travers le personnage picaresque d'une femme Sergent au grand coeur qui parle Cockney à un inspecteur italien non anglophone. 

Elizabeth George nous fait découvrir aussi (en termes aussi crus que révélateurs) l'univers des "tabloïds" anglais, cette presse poubelle où les requins se mangent entre eux ! Qui connaît l'Angleterre s'aperçoit que - hélas - rien n'est exagéré.

A travers le drame distillé dans l'intrigue (l'enlèvement mystérieux d'une petite fille anglo-pakistanaise), le comique - aux limites de la caricature - de certaines situations ne vous échappera pas. Au milieu de tout cela, l'inspecteur Lynley, héros récurrent de l'autrice, donne un peu de stabilité à ce qui pourrait parfois ressembler à une tragi-comédie. Il gère sa vie privée avec flegme, au milieu de ce maelstrom professionnel.

Davantage tragi que comédie, néanmoins, car on s'aperçoit vite que les personnages centraux de cette intrigue sont plus victimes de leur destin que véritablement criminels. D'où le titre original : "Just one evil act" ... qui peut coûter très cher !

"Juste une mauvaise action", d'Elizabeth George. 

                          Ma note : 19/20.