DENISE MINA

Romancière écossaise, née en 1966 à East Kilbride (Glasgow, UK).

Reconnue comme une des plus brillantes représentantes du Tartan Noir (genre de roman policier typiquement écossais), Denise Mina a connu un parcours atypique, avant de se lancer dans l'écriture. 

Fille d'un ingénieur, elle est amenée à beaucoup voyager puisque la famille va déménager vingt-et-une fois en dix-huit ans ! Ainsi, la jeune Denise connaîtra l'Ecosse, bien-sûr, mais aussi Paris, La Hague, Londres et Bergen... d'où - peut-être - cette influence nordique que l'on retrouve dans certains de ses romans. 

Denise n'est guère attirée par les études. Elle quitte l'école à 16 ans et se retrouve contrainte d'enchaîner les petits boulots, pour vivre. Tour à tour, elle sera barmaid, cuisinière, ouvrière dans une usine qui traite la viande industrielle... puis elle opère un virage à 180 degrés dans le monde médical où elle devient infirmière en gériatrie et s'occupe, principalement, des malades en phase terminale. Là encore, il n'est pas difficile de deviner la source de quelques unes de ses intrigues et notamment celle de "The red road" (voir ci-contre) où il est question d'absorbtion massive (et létale) de médicaments.

Sur le tard, Denise Mina va se lancer dans des études de droit et de criminologie qu'elle finira par enseigner, elle-même, à l'université de Strathclyde. C'est en soutenant une thèse sur les psychotiques agresseurs de femmes qu'elle écrit son premier roman en 1990. Il s'agit de "Garnethill" qui a été primé et unanimement encensé par la critique. 

Aujourd'hui, Denise Mina vit dans sa ville natale de Glasgow. 

Une route rouge... et surtout très sombre. 

"The red road" est plus qu'un roman noir... c'est un des thrillers les plus sombres qu'il m'ait été donné de lire. 

Le cadre y est pour beaucoup. Glasgow n'est par une ville qui respire la joie. D'autant que l'auteur, qui en est native, ne la présente pas sous son visage le plus chaleureux. Il ne cesse d'y pleuvoir, tant dans les quartiers déshérités, voués à la démolition, comme cette route rouge qui donne son nom au roman... que sur les visages des protagonistes qui souffrent et dont les glandes lacrymales le font savoir. 

Bref, comme diraient les ados : "Bonjour l'ambiance !". On se croirait dans un thriller nordique, en plus glacial. Glacial... comme le shaker dans lequel Denise Mina mélange les ingrédients du roman noir : assassinats, prostitution (et même pédophilie, tant qu'on y est !), drogue, corruption aux plus hauts niveaux de l'administration (très tendance au Royaume Uni), etc. Mais, en l'occurrence, abondance de biens (ou de mal) ne nuit pas. Pas à l'intrigue, en tout cas, tant les personnages, d'une vraie profondeur, suscitent une compassion à la frontière de la pitié. Le lecteur souffre pour et en même tant qu'eux. 

Vous l'avez compris, "The red road" n'est pas un roman réjouissant... mais il suinte l'authentique. Le vécu. C'est la raison pour laquelle on lui pardonnera un style pas très littéraire, avec beaucoup de répétititons.

"The red road" (Orion), de Denise Mina.                Ma note : 17/20.