CLAUDIA PINEIRO

Ecrivaine argentine, née en 1960. 

Claudia Piñeiro est née dans la province de Buenos Aires.

Elle est romancière, dramaturge et auteur de scénarios pour la télévision.

Ce roman a été récompensé par le prix Clarín 2005.

 De la littérature "blanche"                à la noire....

Au-delà des grillages et des barrières de sécurité se cache un écrin de verdure à la périphérie de Buenos Aires ; un havre de paix pour “gentlemen", à l’abri du tumulte d’une capitale grouillante et tentaculaire. Ici, on est entre gens de bonne compagnie. Une poignée d’amis se réunissent chaque semaine, loin des regards, pour discuter entre hommes. Les épouses, exclues de ces soirées, s’appellent avec humour “les veuves du jeudi”. Un veuvage somme toute agréable, jusqu’à ce funeste jour de la fin septembre 2001 où la plaisanterie s’avère prémonitoire : les hommes sont retrouvés électrocutés au fond d’une piscine. L’attitude du seul rescapé laisse à penser que ce pourrait ne pas être le tragique accident qu’il y paraît. Derrière les façades clinquantes on découvre les grands secrets et les petites misères de ces nantis. Le regard est ici sans complaisance sur une société hypocrite et ostentatoire, dénuée de scrupules, tandis qu’approche l’effroyable crise économique qui a mis l’Argentine à terre. Déliquescence, chute annoncée d’une bourgeoisie affairiste, à mesure que la situation économique se dégrade croît l’impérieuse nécessité de nier l’évidence, de maintenir à toute force ce standing garant d’un certain statut social. Jusqu’à choisir l’impensable pour préserver les siens, les mettre définitivement à l’abri, tant du besoin que de la médiocrité de la plèbe.

En lisant ce livre, c’est a la fois comme Balzac une description de la société en Argentine dans un lieu, à une époque précise et qui tout à coup bascule d’un livre de littérature à un polar. Aucune longueur aucune envie de sauter des passages. Je me souviendrai de ce livre avec lequel j’ai passé un bon moment.

                         Alice Midal.

"Les veuves du jeudi" (Actes sud), de Claudia Pineiro. Note : 17/20