BEN PASTOR

Ecrivaine Italo-américaine, née le 4 mars 1950 à Rome (Italie). 

 

Ben Pastor, de son vrai nom Maria Verbena Volpi, a écrit de nombreux livres Après avoir étudié l’archéologie à l’université La Sapienza à Rome, elle a déménagé aux États-Unis où elle a enseigné dans diverses universités dans l’Ohio, l’Illinois et le Vermont. 

En 2000, elle publie "Lumen", premier roman policier de la série de Martin Bora, un officier-enquêteur allemand tourmenté basé sur la figure de Claus von Stauffenberg, exécuteur testamentaire de la tentative sur la vie d’Hitler en 1944. Il est le premier d’une série de romans qui suivent Bora tout au long de sa carrière militaire et de la Seconde Guerre mondiale en Pologne, en Ukraine et en Italie. Une deuxième série est construite autour d’Aelius Spartianus, un soldat romain et détective au IVe siècle. Elle est également l’auteur de deux livres mettant en vedette Karel Heida et Solomon Meisl à Prague, à la veille de la Première Guerre mondiale. Les thèmes récurrents de son travail sont l’amour de l’antiquité classique et l’exploration douloureuse de la condition humaine en temps de guerre.      

Son oeuvre se caractérise par une forte influence du postmodernisme, où les règles classiques du mystère se mêlent à celles du roman historique et psychologique. Le style littéraire de Pastor est sophistiqué et complexe, peut-être le résultat de sa passion pour des auteurs tels que Herman Melville, Yukio Mishima, Joseph Roth, Toni Morrison, Nikos Kazantzakis et Georges Simenon, en plus de l’influence de Raymond Chandler et Hans Hellmut Kirst. 

 

 

       Un vrai roman noir        

Dans la Pologne que l'armée allemande envahit durement en 1939, l'assassinat de la mère Kazimierza, religieuse connue pour ses dons de prophétie, pourrait mettre le feu aux poudres. Un duo improbable enquête : Martin Bora, officier du renseignement allemand et le père Malecki, américain, prêtre à Chicago, envoyé par le Vatican. Deux hommes honnêtes dans une période de l'histoire où le mépris de l'individu est de rigueur. Confronté avec horreur au comportement assassin des troupes de son pays, Martin Bora est coincé entre la loyauté et un idéal humaniste, qui l'amène à apprécier la discussion, pas toujours facile, avec le père Malecki.
Le couvent abrite-t-il des résistants, les sœurs leur apportent-elles de l'aide ? Les prophéties gênaient-elles l'occupant dans sa propagande ? Et la belle actrice Ewa Kowalska, qui ne laisse pas indifférent un Martin Bora éloigné de son épouse et dont le couple bat de l'aile, quel jeu joue-t-elle exactement ? " Lumen Christi adjuva nos " plus que jamais la devise de la mère Kazimierza est de mise.
Intrigue politique, thriller psychologique et mystère religieux tout à la fois, ce premier volet des enquêtes de Martin Bora dans les années troubles de la Seconde Guerre mondiale est une réussite incontestable.

Ce roman est bien documenté sur cette époque et décrit ce que l’on mettra des années à découvrir et à accepter : la vérité sur les tueries énormes tel que Katyn. Les vrais assassins était-ce les russes ou les allemands les responsables ? Hélas des hommes de bonne volonté, tels que les deux héros de ce livre, ne peuvent modifier le cours du temps.  Cette époque décrite est très dure humainement et pessimiste. C’est vraiment un roman noir ; il rappelle le style de cet autre écrivain : Philipp Ker qui a traité aussi cette époque.

                         Alice Midal.

"Lumen" (Actes sud), de Ben Pastor. Ma note : 15/20.