ANDREW McGAHAN

Ecrivain australien, né le 10 octobre 1966 à Dalby dans le Queensland (Australie), décédé à Melbourne le 1er février 2019. 

Issu d'une famille de cultivateurs, Andrew McGahan est le neuvième d'une fratrie de dix.

Après des études à Brisbane qu'il rechigne à poursuivre, le jeune Andrew travaille quelques temps dans la ferme familiale avant d'entreprendre une série de petits boulots qui lui permettront de vivre tandis qu'il commence à écrire. 

Très vite, il connaît le succès avec "Praise", son premier roman. En 1998, son adaptation au cinéma lui assure une renommée internationale. Il délaisse pourtant l'écriture scénaristique et se concentre sur ses romans suivants qui seront tous des best-sellers : "Last drinks" en 2000 (voir ci-contre), "The white earth" en 2004 et "Underground" en 2006. 

Un cancer du pancréas, à l'âge de 52 ans, met un point final à une carrière littéraire plus que brillante.

  Le quotidien des travers                   humains.

A l'écart de Brisbane, en Australie, George, alcoolique repenti, mène une vie tranquille, mais son passé est trouble. Son nom fut associé dix ans plus tôt à un scandale qui bouscula la politique de l'Etat du Queensland. Des politiciens véreux, des policiers, des patrons de restaurants, un bon nombre de pourris maniant la corruption, la licence trafiquée, l'alcool et la prostitution, y ont laissé des plumes.
Coup de téléphone dans la nuit, un crime vient d'être commis à proximité du village. Le mort s'appelle Charlie. A la grande époque où l'alcool coulait à flots, George était son ami, son associé et l'amant de sa femme.
Descendu à Brisbane pour l'incinération de Charlie, George ne reconnaît plus la ville. Partout des bars, des terrasses de cafés, l'ère prohibitionniste est révolue. Pisté par les inspecteurs chargés de l'enquête, George va retrouver les protagonistes de son passé. Jeremy, le notable, est invalide mais séduit encore les femmes en les poussant à boire, Marvin, le ministre qui couvrait les affaires, a l'air d'un homme traqué, Lindsay, supposé en cavale, est peut-être resté planqué...
Sans jamais relâcher la tension dans le récit, l'auteur livre le portrait sans concession d'une société hypocrite et le parcours tragique d'un homme hésitant entre raison et chant des sirènes.

Presque un traité sur l'alcoolisme, ce roman nous fait vivre à travers le quotidien les travers humains (corruption, vénalité, bassesse, lâcheté), et la difficulté d’un ex alcoolique à ne pas y retomber. Le héros de ce livre est un homme quelconque, pas un surhomme, ce qui n’est pas banal dans ce style de roman. Je trouve que ceci nous change agréablement et nous permets de voir une nouvelle facette d’un roman policier et d’admettre dans la vrai vie que le bien ne triomphe pas toujours du mal. 536 pages d’une écriture dense.

                        Alice Midal.

"Derniers verres" (Babel), de Andrew McGahan. Note : 18/20