JEAN CAZALIS

Ecrivain français, né le 2 septembre 1970 àVilleneuve-sur-le-Lot.

Cadre supérieur de l'administration fiscale dans la vie que l'on pourrait qualifier de "prosaïque", après être passé par la faculté de Droit de Sceaux et l'Ecole Nationale des Impôts, Jean Cazalis (pseudonyme) s'est tourné vers l'écriture sous la forme de deux ouvrages : "Le même soleil"  (un recueil de nouvelles publiées par la revue Nous deux) et "REM", dont vous trouverez la chronique, ci-contre. Il collabore, d'ailleurs, régulièrement à Nous deux, magazine pour lequel il écrit toujours des nouvelles à caractère historique, romantique et même érotique.

Jean Cazalis se dit influencé par "les écrivains du vieux Paris" (Jean-Paul Clébert, Léo Malet, Patrick Modiano), il aime la langue de Le Breton et de Boudart. Quant au domaine qui nous intéresse, il se reconnaît pour mentor Jean-Patrick Manchette, Donald Westlake et Joe Lansdale.  

Aujourd'hui, il prépare un roman policier à connotation sociale sur la fin des "trente glorieuses". Tout laisse à penser qu'un éditeur finira par s'intéresser à cet écrivain dont l'humour ravageur ne peut laisser indifférent. 

                             Un recueil qui incite à se... recueillir.

              Cazalis créé un nouveau genre : le "polar yé-yé" !

Un bon moment de rigolade.

Je crois bien que c'est la première fois que je lis un "auto édité". C'est un polar dont le titre, REM, se rapporte à des outils informatiques contenant des fichiers accessibles aux seuls détenteurs d'un code. Seulement voilà, comme il s'agit d'un roman policier, le REM va être "cassé" par le narrateur qui n'aurait pas dû voir ce qui se trouvait à l'intérieur. S'ensuivra une série de poursuites au péril de sa vie. 

Si l'intrigue est banale, le style ne l'est pas. Jean Cazalis pratique un humour décalé au trentième degré, que j'ai particulièrement savouré. Sans vouloir être sévère, je dirai que le roman n'existe qu'à travers la dérision (souvent autodérision) de l'auteur. De ce côté-là, il se dévore... et tant pis pour l'histoire qui, en fin de compte, n'a que peu d'importance. Pour un bon moment de rigolade, je vous le conseille.

"REM", de Jean Cazalis. Auto édité sur Amazon. Ma note : 15/20 

Le genre de la nouvelle est passé de mode. Jean Cazalis a donc tenté un pari en publiant ce recueil. 

A mon sens, le pari est réussi. J'ai lu "Le même soleil" avec beaucoup de plaisir et très rapidement. On passe aisément d'une nouvelle à l'autre sans jamais s'ennuyer. Cela ne veut pas dire que l'ouvrage manque de profondeur, bien au contraire. La variété des sujets ne nuit en rien à l'intensité des thèmes abordés. 

Bien sûr, comme dans tous les recueils de ce genre, la qualité des nouvelles est inégales. Personne n'y échappe... même les plus grands maîtres du genre. Cependant, il en est quelques unes qui titillent la "grande littérature". Je pense notamment à "Le premier amour de Pierre Loutrel", "La comtesse" ou "Bérénice". L'auteur n'a pas son pareil pour plonger le lecteur dans l'atmosphère des années cinquante ou "rétropédaler" au temps de la "Grande guerre". Le côté autobiographique de certaines pages (comme "Le même soleil" qui donne son nom au recueil) apporte une certaine crédibilité au récit, le sentiment de vécu. 

Voilà un livre qui distrait autant qu'il incite à se recueillir. Seul petit reproche : Un style qui peut frôler les sommets comme un peu trop sentir l'atelier d'écriture. Dommage....

"Le même soleil", de Jean Cazalis (auto-édité).         Ma note : 15/20 

Comme je l'ai écrit dans la biographie de l'auteur, Jean Cazalis est en phase ascendante. Un éditeur s'est (enfin !) intéressé à lui et il est à croire que, dans un futur proche, d'autres s'arracheront ses manuscrits. 

"Noirs blousons" est un beau roman. Pas aussi noir que la parure éponyme, mais empli d'une grande sensibilité, teintée de nostalgie. Attention, nous ne sommes pas chez les bisounours de l'avant 68 ! Le scanner social de Cazalis ne laisse rien passer. Il est impitoyable, mordant, cynique et tutoie cet humour que j'avais tant aimé dans "REM". Cette fois, l'intrigue est forte et mieux construite... mais "Noirs blousons" aurait peut-être gagné quelques galons en secouant les miasmes de la dérision. Il y a des morceaux de bravoure dans le texte, des clins d'oeil au roman (et film) noir des sixties... mais pas assez. Enfin, ce n'est que mon opinion. 

Mis à part cela, Jean Cazalis réussit une prouesse en faisant narer son récit par l'héroîne principale. Ecrire à la première personne du singulier en se mettant dans la peau d'une femme, il fallait oser ! Jacques Expert l'a fait dans "La femme du monstre" ; tous deux ont réussi. La narration est parfaitement crédible, notamment lorsqu'on effleure le thème des rapports sexuels... chapeau ! 

"Noirs blousons" est plus un roman analytique, "climatique", sociologique... allez, osons les grands mots : ontologique, qu'un roman policier, à proprement parler. Savoir qui est le coupable de ce crime prescrit, noyé dans un passé gluant, est secondaire. C'est plutôt le rétropédalage sur le lac de l'oubli, qui importe. Une aventure humaine dont Cazalis réussit à rendre la banalité captivante. 

"Noirs blousons" (Editions des Falaises), de Jean Cazalis.

                                   Ma note : 17/20.