GRAHAM GREENE

Ecrivain britannique, né le 2 octobre 1904 à Berkhamsted (Hertfordhire), décédé le 3 avril 1991 à Vevey (Suisse).

Quatrième d'une famille de six enfants, Graham Greene était parent du célèbre romancier Robert-Louis Stevenson (son modèle de jeunesse), du côté de sa mère. 

Il a d'abord exercé la profession de journaliste, en qualité de critique (littérature et cinéma) au sein du magazine The spectator. Pendant la seconde guerre mondiale, le M16 le recruta par l'intermédiaire de sa soeur. Devenu espion, il était supervisé par le fameux agent double, Kim Kirby, dont il s'inspira largement dans l'écriture de ses intrigues. Après la guerre, il fut longtemps en poste en Sierra Leone, ce qui explique aussi l'influence de l'Afrique sur son oeuvre.

Son roman le plus connu est, bien sûr, "Le troisième homme", dont Orson Welles a tiré un film à la bande originale inoubliable. Graham Greene fut très impliqué dans l'industrie cinématographique. Il a notamment collaboré à "La nuit américaine", un des derniers films de François Truffaut. 

                                                       Burn out exotique.

"A burnt out case" a été écrit à une époque (1960) où le terme "burn out" n'était pas encore à la mode, si je puis m'exprimer ainsi. Disons qu'il existait, sans être connu du grand public. Comme une maladie du travail. 

Le personnage principal de ce roman, un architecte connu qui cherche une forme d'oubli (fuite ou expiation) dans la jungle africaine, montre très bien ce que peut ressentir un individu atteint de ce mal. Comme souvent dans l'oeuvre de Greene, tout est dans le climat (ici, les deux sens du terme), dans l'atmosphère. Incroyablement lourde. Comme la chaleur et l'humidité ambiantes. 

Graham Greene n'a pas écrit que des polars et "A burnt out case" n'en est pas vraiment un. Mais l'épaisseur des personnages, comparable à la sensation de malaise qui s'en dégage, n'est pas loin de nous mettre dans l'ambiance d'un roman policier.

"A burnt out case", de Graham Greene.                                                                                                   Ma note : 17/20.

Un grand classique du roman noir.

Tueur à gages est un grand classique du roman noir, repris au cinéma dans l'un des premiers films du genre, This gun for hire de Frank Tuttle en 1942 avec Alan Ladd (sans bec-de-lièvre) et Veronica Lake. Dans This gun for hire, qui influença en grande partie l'imagerie populaire du tueur solitaire, le héros du roman est un misanthrope, intelligent et très très pauvre. Pour la première fois, un personnage de tueur, sorti de l'imagination de Graham Greene, n'incarne pas le mal. Complexé par un bec-de-lièvre, James Raven exécute un ministre à Londres, sur ordre d'un homme qui dit se nommer Cholmondeley. Il reçoit pour paiement deux cent cinquante livres mais s'aperçoit vite que les numéros des billets ont été signalés à la police : ses employeurs lui ont tendu un piège. Alors que le détective Mather part à sa poursuite, il tente de retrouver son commanditaire pour se venger. Dans sa cavale, le hasard place sur sa route Anne Crowder, une jeune actrice de théâtre, intrépide et courageuse, qui n'est autre que la fiancée de Mather. Quand elle pense à celui-ci : il fait toujours comme les autres. Elle ne l’aurait pas aimé s’il avait été original, s’il avait eu des opinions personnelles ; elle aime la sécurité par-dessus tout. Les personnages secondaires sont admirablement décris : exemple Acky et sa femme Tiny ignobles, mesquins.

Ce livre n’a pas pris une ride Lisez le vite, il est remarquable. 

                    Alice Midal.

"Tueur à gages", de Graham Greene.        Ma note : 18/20.

                  Ennuyeux !

Pour parler franchement, j'ai moyennement aimé "Les naufragés". L'action se situe à Stockholm, une ville que l'auteur nous fait visiter et dont il retranscrit assez bien l'ambiance dans les années 50, lorsqu'a été écrit ce livre. Pour le reste, j'ai eu du mal à me laisser prendre par l'intrigue. Les personnages sont ambigüs, comme toujours chez cet auteur, mais l'ambiguité est tellement opaque qu'on s'y perd et qu'on finit par s'endormir. Bref, j'ai été jusqu'au bout... mais en me faisant violence. 

"Les naufragés", de Graham Greene.

Ma note : 12/20.