DAVID IGNATIUS

Ecrivain américain, né le 26 mai 1950 à Cambridge (Massachussets).

Parallèlement à sa carrière d'écrivain, où le succès lui a tout de suite fait les yeux doux, David Ignatius a exercé son talent dans le monde de la presse, sous de multiples facettes. 

Il aligne et cumule des postes aussi prestigieux que nombreux : Editorialiste et rédacteur en chef au Washington post, on le lit aussi dans les colonnes du Wall street journal, du New-York times et de magazines très en vue comme Washington monthly et Talk magazine, entre autres. En l'an 2000 et sur une durée de quatre ans, il prend la tête du International Herald tribune à Paris. 

La couverture de l'invasion du Koweit, sous Bush senior, vaut au Washington post le célèbre Prix Pulitzer. Ignatius a supervisé l'équipe qui en a rédigé le reportage. Il donne aussi des cours à la très fameuse université de Harvard où il est maître de conférence. Enfin, dans un tout autre genre, on lui doit également le livret d'un opéra "politique", tiré du Prince de Machiavel. 

David Ignatius est aussi un polémiste. Il a pris parti pour la guerre d'Irak et ses positions politiques le placent au milieu d'une controverse - pour ne pas dire un scandale - au forum de Davos. Alors qu'il anime un débat entre le président turc, Erdogan, et Shimon Peres, qui dirigeait alors l'état d'Israël, il favorise ostensiblement ce dernier, attitude qui génère une protestation officielle. 

On l'a compris, David Ignatius est un grand spécialiste du Moyen-orient. Son genre littéraire est le thriller d'espionnage. Et l'on sent qu'il sait de quoi il parle. A ce jour, on lui doit une dizaine de romans dont Body of lies (Une vie de mensonges), un best-seller que Ridley Scott a adapté au cinéma avec deux stars d'Hollywood : Leonardo di Caprio et Russell Crowe. En dépit des énormes moyens investis dans cette "machine de guerre", le film n'est qu'un pâle reflet du roman (voir ci-contre).  

Attention... talent explosif !

Commençons par les mots qui fâchent (et qui n'ont rien à voir avec l'auteur ou son oeuvre) : le titre français, "Une vie de mensonges" est stupide ! En Anglais, "Body of lies" participait d'un jeu de mots dans lequel "body" a un double sens, très important pour comprendre le début de l'intrigue. Il est dommage que le traducteur ne se soit pas un peu plus creusé la tête. Pour ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare, je recommande une lecture en V.O.

Cela dit, c'est vraiment un bouquin extraordinaire. Action, réflexion et sentiments y composent un cocktail magnifique ayant pour résultat un roman passionnant dont on ne peut se détacher, une fois le nez dedans. 

De surcroît, Ignatius, pour qui le Moyen-orient n'a plus aucun secret, nous plonge à l'intérieur d'un monde fascinant de couleurs et d'odeurs qui enrobent le danger. La duplicité, le double langage et les non-dits (l'Orient, quoi !) s'y entremêlent pour aboutir à une fin paroxystique.

"Une vie de mensonges", de David Ignatius. Ma note : 19/20.