ANDRE FORTIN

Romancier français, né en 1946 à Aïn-Taya (Algérie).

André Fortin est né en 1946 dans une station balnéaire proche d'Alger, Aïn-Taya. Son père était agent secret. Comme on disait à l'époque : "Un honorable correspondant de la piscine".

Successivement juge d'instruction, juge pour enfants et président du tribunal de Marseille, après une carrière bien remplie dans la magistrature, André Fortin devient auteur de romans policiers. "L'injustice des hommes" (voir ci-contre) est son dixième opus. 

On retrouve sous sa plume une grande expérience des milieux judiciaires et policiers, comme du monde souterrain de la pègre et de la petite délinquence. 

Principalement dans le sud-est de la France. 

    Un très beau roman. 

"L'injustice des hommes" s'intègre, comme le pied dans un mocassin sur mesure, à la classification des éditions Lajouanie : roman pas policier mais presque.

L'histoire appartient au roman policier. Les personnages aussi. Le décor... encore. Mais le style et l'intrigue échappent aux codes. 

D'intrigue, il n'y en a pas ou peu. Dès les premiers chapitre, on sait ce qu'il va advenir du personnage principal. Quant au style, il n'a rien à voir avec celui d'un roman policier. André Fortin n'a pas peur des phrases longues, riches en épithètes. Dire qu'il fait du Proust serait à peine exagéré (parfois). N'allez pas croire, pour autant, que la lecture en est fastidieuse ! Bien au contraire. Fortin a le don - très rare à ce que j'en sais - de placer le lecteur sous addiction, tout en travaillant le verbe comme un peintre, à la recherche de la couleur idéale. 

Résultat des courses (comme on dit) : une très forte émotion de lecture à travers des personnages complexes, des climats enivrants et la prose d'une grande poésie. Plus un certain nombre de questions d'ordre ontologique (en filigrane) auquel le lecteur devra, lui-même, trouver les réponses. 

"L'injustice des hommes" (Lajouanie), d'André Fortin. 

                        Ma note : 18,5/20.